Des métiers d’avenir, deuxième partie.

Image montrant un robot donnant une pilule à un médecin : des métiers d'avenir

Dans un article précédent, j’ai mentionné plusieurs métiers d’avenir à haut potentiel de recrutements et encore trop souvent méconnus dans le domaine de la santé.

Cette deuxième partie sert à préciser que nombreuses seront les professions médicales, paramédicales ou préventives qui perdureront dans ce secteur.

Au cours des prochaines années, les changements seront principalement internes c’est-à-dire qu’ils se produiront et seront visibles à l’intérieur de nos métiers.

La médecine entame une nouvelle ère et fusionne avec l’intelligence artificielle accompagnée de robots précis et performants ; utilise des nouveaux outils intelligents ou des nouveaux procédés tels que la télémédecine, l’utilisation d’implants ou d’organes artificiels…

Les professionnels de santé ne doivent pas rester dissociés de cette révolution numérique qui les attend mais doivent plutôt restez informés et s’y adapter, si besoin.

Pourquoi si besoin ?

Car tous les outils technologiques ne seront pas forcément utiles et ne permettront pas obligatoirement d’optimiser les conditions de travail !

Le secteur de la santé devra évoluer de pair avec la technologie mais il devra aussi sélectionner rigoureusement les nouveaux outils ou procédés utiles qui permettront de gagner du temps, d’être plus efficace, ou d’améliorer la prise en charge des patients.

Dans ce nouvel article, je choisis de vous présenter 5 métiers d’avenir plus communs, qui ne seront pas remplacés du jour au lendemain par l’IA, ainsi que leurs principaux changements futurs ou déjà présents associés.

1) Chirurgien

De nos jours, la chirurgie par les robots et la téléopération chirurgicale (intervention chirurgicale robotisée à distance) sont des pratiques opératoires de plus en plus courantes dans les hôpitaux.

La chirurgie robotique s’est étendue à la plupart des spécialités comme l’urologie, la gynécologie ou la gastrologie, et les bénéfices des robots chirurgiens sont multiples : moins d’erreurs, plus de précision, moins de dommages tissulaires, et en retour une meilleure récupération post-opératoire des patients.

Avoir des chirurgiens compétents dans la maîtrise de ces nouveaux robots est un gros plus pour la médecine et il semble nécessaire d’organiser des formations adaptées pour ces professionnels de santé.

Mais qu’en est-il de ces formations en France ?

Actuellement, plusieurs universités ouvrent leur portent et accueillent les chirurgiens dans le but de les former aux compétences requises de la chirurgie robotique, leur attribuant au passage un diplôme interuniversitaire :

– L’université de Lorraine à Nancy propose plusieurs formations dans ce domaine :

Un DIU en chirurgie robotique (https://medecine.univ-lorraine.fr/fr/ecole-chirurgie/diplomantes/diu-chirurgie-robotique) et un DIU en chirurgie robotique digestive (https://medecine.univ-lorraine.fr/fr/ecole-chirurgie/diplomantes/diu-chirurgie-robotique-digestive).

– À l’université de Paris, vous pourrez tenter d’obtenir un DIU en chirurgie gynécologique robotique, qui correspond à une formation courte de quelques semaines : https://odf.u-paris.fr/fr/offre-de-formation/diplome-d-universite-1/sciences-technologies-sante-STS/diu-chirurgie-gynecologique-robotique-JI3364BX.html

– La Faculté de Médecine de Montpellier-Nîmes propose son DIU en chirurgie digestive robotique : https://du-fiu-facmedecine.umontpellier.fr/diplome-chirurgie-digestive-robotique-147

– Ou encore L’IRCAD, situé à Strasbourg, qui propose une formation en chirurgie robotique du tractus gastro-intestinal : https://www.ircad.fr/training-center/course-calendar/?type=advanced&spec=esophago_gastric

Compte tenu des prix considérablement élevés et des possibilités restreintes des robots chirurgiens autonomes tels que le robot STAR, leurs présences dans les salles d’opération ne s’est pas encore démocratisée. En plus des coûts élevés d’acquisition, d’utilisation et de maintenance, l’introduction de cette nouvelle tendance nécessite une réorganisation du bloc opératoire.

Pour le moment, les chirurgiens sont formés et ont plutôt recours aux robots d’assistance Da Vinci qui obéissent fidèlement aux commandes du chirurgien. Ces robots sont performants, accessibles, et de plus en plus fréquents dans les hôpitaux où l’on comptabilise plus de 5000 robots chirurgicaux environ dans le monde et plus de 150 en France.

2) Infirmier et psychologue

La relation avec le patient en cabinet et le toucher thérapeutique humain à l’hôpital sont reconnus depuis longtemps comme étant deux facteurs non négligeables et à prendre en compte dans les soins de santé. En effet, la communication et la relation soignant-soigné ont tous deux un pouvoir psychologique rassurant et influence positivement la prise en charge du patient.

Et sur cette base, les infirmiers(ères) et les psychologues auront du travail ces prochaines années et seront justement très sollicités sur cet aspect relationnel !

Dans une société innovatrice et de plus en plus technologisée, au sein de laquelle la majorité des gens travailleront et seront derrière des écrans, les problèmes physiques et psychologiques ne disparaîtront pas.

Et notre système actuel est loin d’être parfait : largement influencé dans son fonctionnement par les plateformes numériques, couplé à un système économique et social plutôt individualiste ; il est redistributif, certes, mais il a aussi tendance à augmenter les inégalités sociales et les inégalités de revenus. Ce phénomène est particulièrement marqué aux États-Unis mais également en France, un des pays européens qui reproduit le plus les inégalités (https://www.ess-europe.eu/fr/publication/en-france-les-inegalites-sociales-se-creusent-encore-quel-bilan-en-2021).

En plus des écarts de salaires, notre société libérale « marketise » l’ensemble des domaines : de la vente d’un produit ou d’un service, aux rencontres sociales et amoureuses sur Internet, les entreprises françaises ou américaines jouent sur nos désirs de confort, sur nos intérêts personnels, et sur notre besoin de statut social (publicités pour voitures par exemple, avec slogans spécifiques).

Pourquoi est-ce un problème ?

Car l’on peut tout à fait être une personne de valeur aujourd’hui et avoir une certaine abondance financière, matérielle ou sociale, mais ne jamais avoir assez ou ne jamais se sentir suffisant, étant donné que l’on affiche toujours « mieux » sur les réseaux sociaux…

Auparavant, il était beaucoup plus difficile de satisfaire autant notre cerveau émotionnel, et « d’avoir accès » à des personnalités à succès ou à des mannequins féminins d’un simple clic sur Messenger…

Ce système crée donc pour une majorité d’individus une illusion d’accès à des personnes très côtées et surdemandés, ce qui favorise en retour l’éloignement social, une porte d’entrée pour différents problèmes psychologiques chez l’Homme, sociable par nature (frustrations, pessimisme, voire réactions du type rébellions).

Je pense qu’à l’avenir en France, les psychologues et les métiers sociaux d’insertion professionnelle seront toujours des métiers d’avenir, et ils n’auront même pas le temps de se tourner les pouces !

3) Coach sportif

Image montrant un sportif utilisant des technologies

À l’ère de l’information et des réseaux sociaux, le plus perfectionniste, le plus visible, et celui qui aura une grande expertise pourra tirer son épingle du jeu !

Il faut être honnête, le marché est très concurrentiel en ce moment.

Mais rassurez-vous ! Il existe différents profils de coachs sportifs et donc plusieurs niches au sein du même métier : le coach « santé », le coach « esthétisme », ou le coach « performances ».

Il y aura donc toujours des opportunités pour les personnes désireuses de rejoindre ce domaine et je suis persuadé que certains seront polyvalents et pourront être plusieurs types de coachs à la fois.

Prenons l’exemple du profil « coach santé ». Son rôle sera de faire en sorte que certains problèmes n’arrivent pas et l’IA proposera des informations supplémentaires grâce aux différents capteurs de santé (posture, antécédents de blessures, qualités des tissus, états de fatigue, etc.).

Le métier de coach sportif sera de plus en plus personnalisé et le marché sera caractérisé par de nombreux outils innovants qu’il faudra trier, afin de proposer une prestation qui restera légère et de qualité.

Je le répète, tous les gadgets ne seront pas tous pratiques ou rentables !

Des outils modernes comme les pistolets de massages, les balles ou les rouleaux vibrants que j’ai déjà cités, améliorent la récupération sportive mais ne permettent pas ou très peu de gains en mobilité, contrairement aux outils traditionnels. Ils ne sont donc pas réellement utiles car même à l’échauffement vous pouvez utiliser des outils traditionnels et augmenter la vitesse des auto-massages ou choisir de vous étirer…

Le coach sera une sorte d’analyste des données de santé et de performances et ne devra pas se perdre dans la jungle des données et des nouvelles technologies.

Bien au contraire, il devra sélectionner les éléments les plus pertinents dans son travail. 

4) Les thérapeutes manuels

Les écrans, l’électroménager, la position assise, l’utilisation de la voiture ou des transports en commun… Globalement, nous sommes tous devenus sédentaires.

L’être humain moderne fait entre 5000 et 10000 pas par jour en moyenne, alors que nos ancêtres chasseurs-cueilleurs faisaient plus de 16000 pas en une seule journée ! (https://link.springer.com/article/10.1007/s42978-020-00091-0)

Physiquement parlant et si l’on se compare à nos ancêtres, nous sommes des petits joueurs.

De nombreux médecins abordent la sédentarité de manière très sérieuse puisqu’elle engendre divers problèmes du type douleurs articulaires, problèmes de posture, maux de dos, tension des muscles respiratoires, ou encore stress chronique. Les kinésithérapeutes et ostéopathes savent très bien que des tissus trop raides peuvent être la source d’une inflammation dans le corps, et générer sur le long terme des problèmes plus graves (https://cancerres.aacrjournals.org/content/76/21/6159).

On aura toujours besoin de nos thérapeutes manuels !

La robotisation a également fait son entrée du côté de ces métiers, avec l’arrivée des robots de rééducation du type exosquelettes ou des tables de rééducation robotisées (https://www.satisform.com/materiel-kine-robotique-reeducation.html).

Les robots permettent d’assister les patients lors de leurs séances de réadaptation et aident le travail des thérapeutes en allégeant leurs tâches les plus contraignantes. Ces nouvelles technologies semblent être efficaces mais elles ne remplacent pas les thérapeutes manuels, et d’ailleurs, de nombreux spécialistes n’utilisent pas ou très peu ces technologies, ce qui ne les empêchent pas pour autant de faire du bon travail (pas tous, malheureusement).

La kinésithérapie de demain, avec toutes ses applications et sous-spécialités, utilisera peut-être des dispositifs intelligents mais le facteur humain ainsi que la pratique manuelle resteront toujours des éléments importants, au cœur de la profession.

Et pour l’instant, les manipulations complexes ne peuvent être effectuées que par un spécialiste, même si des mini-robots d’ajustements très précis existent déjà plus ou moins du côté des chiropracteurs, ceux utilisés pour leur formations.

D’autres pourront être conçus dans un avenir plus ou moins proche afin d’optimiser le travail des praticiens ou pour réduire leur fatigue, et pourront exercer des pressions à des endroits bien déterminés.

Encore une fois, cela dépendra du coût de ces mini robots comparé à la qualité des pressions du praticien et les robots ne seront jamais vraiment autonomes puisqu’ils auront besoin d’être guidés.

Concernant les formations, toutes ne semblent pas fournir la même qualité en matière d’enseignement et d’après mes discussions avec plusieurs spécialistes, certaines formations sont encore trop onéreuses et difficilement accessibles pour beaucoup d’étudiants.

Le métier est pourtant très honorable, préventif, et nécessite d’avoir de solides connaissances et des compétences : qualités d’écoute, ajustements très précis, bonnes connaissances en anatomie et en physiologie de l’exercice, en science de la santé…

Selon moi, les thérapeutes manuels devraient être récompensés à leur juste valeur !

5 ) Entrepreneur

Image montrant des qualités importantes pour un entrepreneur

Très en vogue en ce moment. Pourtant, devoir gérer son entreprise individuelle et être indépendant sont deux choses difficiles, en réalité. Certains entrepreneurs considèrent leur métier comme « l’un des plus difficiles au monde » car d’après eux, il est indispensable d’avoir d’innombrables qualités telles qu’une expertise profonde du sujet, des capacités de communication, de gestion de stress, des capacités à gérer ses ressources, des connaissances des systèmes de productivité…

Cela dépend du secteur mais idéalement, l’entrepreneur doit avoir des connaissances plus larges que son domaine de prédilection.

Beaucoup vendent du rêve mais le fameux « rêve américain » profite-t-il à l’ensemble des participants ?

Je tiens à dire une chose : la semaine de 4 heures initiée par l’entrepreneur américain Tim Ferriss se rapprochera peut-être d’une semaine de 40 heures pour les jeunes entrepreneurs du web qui sortiront leur tête des livres, qui feront face aux investissements des concurrents bien en place, et sans oublier les prémices de l’IA dans l’entreprenariat…

Selon moi, il sera plus difficile de se démarquer en tant qu’en entrepreneur durant les prochaines années mais ce ne sera pas non plus impossible !

À l’ère de l’économie de la connaissance, lire très régulièrement ou se former rapidement fait partie du quotidien de chaque entrepreneur moderne qui souhaite réussir.

Ce métier peut vous correspondre !

Mais soyez en sûrs, aucun entrepreneur n’a réussi sans travailler dur et ce, particulièrement au début.

En 2020, selon l’institut national de la statistique et des études économiques et malgré l’épidémie du COVID-19 et ses répercussions sur l’économie nationale, un nouveau record a été enregistré en France quant à la création de nouvelles entreprises : 848 200 et principalement des micro-entrepreneurs. Ce chiffre n’est autre que le signe d’une forte concurrence sur le marché national (https://www.insee.fr/fr/statistiques/5016913).

Parmi toutes les personnes qui se lancent dans l’entreprenariat, environ 25 % des entreprises échouent durant les deux premières années, et 50 % échouent durant les cinq années qui suivent leur création. Les entreprises rencontrent régulièrement des difficultés qui, si elles ne sont pas rapidement gérées, peuvent les conduire à la faillite.

Ce fait souligne l’importance de partir sur des bases solides car le lancement d’un projet peut être facile, mais la durabilité demeure un réel challenge pour les entrepreneurs.

Concernant les formations, il n’y a toujours pas de formations spécifiques pour entreprendre mais vous pouvez tout à fait partir sur une école de commerce, bien qu’elles soient souvent longues et assez coûteuses pour certaines personnes. La case « école de commerce » n’est pas obligatoire mais ce choix peut être intéressant si vous avez besoin d’être encadré au début.

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