Comprendre l’autophagie et le renouvellement cellulaire

Image montrant une cellule qui se divise (mitose)

La cellule constitue l’unité fondamentale de tout être vivant. Notre corps est un ensemble de cellules dont le nombre est estimé à environ 30 000 milliards !

Et ce, sans compter le nombre de bactéries…

Pour que ces cellules puissent bien communiquer entre elles, elles doivent fonctionner de manière optimale. Ceci exige le bon fonctionnement de leurs membranes qui comprennent des structures permettant les échanges intercellulaires.

D’une part, la membrane cellulaire a une structure essentiellement lipidique et protéique c’est-à-dire qu’un apport en aliments de qualité et équilibré en graisses et protéines garantit une activité cellulaire idéale.

D’autre part, nos cellules s’auto-nettoient grâce à un processus appelé autophagie et par la suite, se divisent et s’auto-détruisent pour laisser place à une nouvelle cellule plus jeune et plus performante.

Ces sujets ne sont pas vraiment nouveaux et ils ont déjà été traités par des spécialistes dans le passé. Mais il ne faut jamais oublier les bases avant de commencer ! Comprendre ces deux aspects est très important si vous souhaitez garder la forme, rester en bonne santé ou être plus performant au quotidien.

Dans cet article, je vous parlerai des stratégies actuelles et naturelles les plus efficaces pour stimuler l’autophagie et le renouvellement cellulaire, également appelé turnover.

Dans un premier temps, je définirai brièvement et simplement ces deux concepts. Puis, dans un second temps, je passerai rapidement à la pratique et vous parlerai des bénéfices d’un entraînement sportif raisonné associé au jeûne intermittent, qui est à la grande mode en ce moment.

Une pratique sportive régulière mais pas excessive est accessible pour beaucoup de personnes en réalité et si nous l’associons au jeune intermittent nous nous rendons vite compte que notre corps subit de profonds changements et que notre énergie n’est plus du tout la même, comparé à avant.

C’est difficile de résister à cela quand on y a déjà goûté…

Au menu du jour : deux fondamentaux de l’hygiène de vie et de la productivité personnelle !

I) Définir l’autophagie et le turnover

L’autophagie est un processus par lequel la cellule dévore les composants cellulaires délétères et défectueux pour les remplacer par des organites fonctionnels plus efficaces. Il s’agit d’un phénomène d’auto-digestion qui permet la décomposition et le recyclage des composants cellulaires.

Le renouvellement cellulaire est un phénomène de dégradation des cellules trop vieilles ou malades ; remplacées par de nouvelles cellules plus jeunes et plus saines et ce, par division cellulaire (mitose).

Les données suggèrent qu’environ 330 milliards de cellules meurent et sont remplacées quotidiennement, ce qui équivaut à un pour cent de nos cellules dans le corps. Environ tous les 10 ans, la totalité de nos 30 000 milliards de cellules sont remplacées !

Mais d’après les scientifiques, toutes les cellules du corps ne se renouvellent pas au même rythme. Notre peau par exemple se renouvelle très rapidement (tous les 10 à 30 jours) mais pour d’autres organes le renouvellement cellulaire est parfois plus long et peut prendre plusieurs mois (foie, estomac, globules rouges, etc.). D’après les chercheurs, certaines cellules n’ont d’ailleurs pas la capacité de se renouveler comme les neurones, le cristallin ou les ovocytes. En ce qui concerne les neurones, les discours divergent depuis plusieurs années mais il semblerait qu’une neurogenèse existe bel et bien et que plusieurs centaines de nouveaux neurones soient crées chaque jour (https://www.nature.com/articles/s41591-019-0375-9).

Chez les personnes jeunes, les cellules du corps sont capables de maintenir leur équilibre et les cellules qui meurent sont remplacées par des nouvelles dans une quantité égale. Mais à mesure que nous vieillissons, notre corps fait face à un déclin de ses performances en matière de renouvellement cellulaire.

Je cite à titre d’exemple les muscles squelettiques dont les capacités de régénération sont liées aux cellules satellites chez l’adulte, présentes dans les fibres musculaires. En vieillissant, ces cellules ne s’activent plus correctement et leur capacité de prolifération diminuent.

Concernant l’autophagie, des études en biologie cellulaire ont mis en évidence que ce processus se déroule essentiellement au niveau des lysosomes ; des organites qui se trouvent à l’intérieur du cytoplasme cellulaire.

Des études établies par Robbins et Al. en 1970 ont permis d’explorer les modifications que subit le système d’autophagie – entre autres les lysosomes – avec le vieillissement, en réalisant des observations sur des fibroblastes dermiques. Les scientifiques ont fini par comprendre que le vieillissement cellulaire s’accompagne d’un encombrement de la cellule puisque les lysosomes ne parviennent plus à ronger les substances qu’ils sont supposés dégrader.

II) Le jeûne intermittent

Image représentant le jeûne intermittent

Le jeûne est une pratique remontant au Ve siècle à Hippocrate, le « père de la médecine », qui le conseillait déjà à ses patients à des fins thérapeutiques. Depuis, cette pratique n’a cessé de se répandre dans nos sociétés actuelles et tout particulièrement en France. Le jeûne intermittent fait de nombreux adeptes en ce moment mais il ne fait pas parti des priorités en matière de santé et il doit être pratiqué intelligemment, c’est-à-dire en connaissance de causes. J’y reviendrai dans un prochain article.

Actuellement en France, le jeûne n’est pas encore prescrit dans un cadre médical mais il l’est dans d’autres pays comme en Russie où il existe des structures de soins qui l’utilisent en tant que cure thérapeutique. Ceci s’explique par le fait qu’il a été démontré très efficace dans le contrôle des maladies chroniques cardiaques et dans le contrôle des troubles métaboliques (accumulation de déchets et toxines à l’intérieur des cellules).

Le jeûne intermittent stimule le système endocrinien qui à son tour active les effecteurs du système immunitaire et favorise la prolifération cellulaire. C’est ainsi qu’il augmente les capacités du corps à remédier aux lésions qu’il subit. Il dispense le corps de consommer ses réserves énergétiques au cours du processus digestif et se concentre plutôt sur le renforcement de l’immunité et sur la guérison.

Il régule la composition et le fonctionnement de la flore intestinale et réactive le complexe moteur migrant, qui a pour rôle de vider l’estomac dans le but d’éviter la prolifération excessive de certaines bactéries.

De plus, un jeûne prolongé de plus de 24 heures permet au nerf vague de retrouver sa sensibilité ce qui améliore en retour la communication du système nerveux central avec l’intestin et avec d’autres organes importants. Le nerf vague est un acteur majeur du système nerveux parasympathique et jeûner vous permettra d’améliorer vos capacités de récupération et de régénération !

Le jeûne est un activateur puissant de l’autophagie. Les maladies neurodégénératives sont souvent associées à l’existence de dépôts intracytoplasmiques de protéines et à un dysfonctionnement mitochondrial. Au cours des dernières années, les preuves se sont accumulées pour démontrer que l’autophagie peut éliminer ces dépôts et dégrader sélectivement les mitochondries défectueuses, tout en les remplaçant par d’autres plus efficaces (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25991442/ ; https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2017/03/medsci20173303p268/medsci20173303p268.html).

En plus de tous les éléments cités plus haut, le jeûne intermittent facilite la mémoire, l’apprentissage, ralentit le déclin cognitif lié à l’âge, réduit les risques de diabète et les risques cardiovasculaires, diminue l’inflammation, permet de perdre de la graisse… Il comprend énormément d’avantages et il serait dommage de s’en priver ! Nous en reparlerons uniquement pour souligner le fait qu’il ne doit pas être pratiqué n’importe comment et n’importe quand, mais ce sujet a déjà été abordé de nombreuses fois.

III) Le sport

Les sports d'endurance boostent l'autophagie et le turnover

Des études scientifiques sont parvenues à prouver que l’exercice physique est également un inducteur puissant de l’autophagie (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3463459/ ; https://www.researchgate.net/publication/263278121_Regulation_de_la_macro-autophagie_dans_le_muscle_squelettique_humain_apres_un_exercice_d’endurance_a_jeun). Suite à une activité physique, les cellules se comblent de déchets cellulaires et d’organites endommagés d’où la nécessité de la mise en place d’un système de nettoyage cellulaire.

Cet effet a été observé au niveau de plusieurs organes et tissus qui interviennent pour établir une régulation métabolique efficace comme le foie, le pancréas, les muscles ou le tissu adipeux.

L’étude de 2012 ou d’autres études plus récentes (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6542992/) montrent que faire de l’exercice stimule aussi l’autophagie au niveau du cortex cérébral, ce qui plaide en faveur des effets bénéfiques du sport sur la neurodégénérescence.

Enfin, dernier élément, l’entraînement physique favorise la mitophagie c’est-à-dire l’autophagie des mitochondries mais aussi l’apparition de nouvelles mitochondries. (https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1877117315001398). Il permet de préserver un nombre suffisant de mitochondries fonctionnelles ce qui assure en retour l’efficacité du métabolisme énergétique. En plus des mitochondries, il est reconnu depuis longtemps que le sport crée du nouveau tissu : il augmente la masse musculaire, régénère les tendons, les fascias, le cœur, et crée même de nouveaux neurones ! (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26844666/).

Cependant, il faut préciser que notre corps a naturellement des capacités limitées en matière de régénération cellulaire. Lors de la division cellulaire, une nouvelle cellule apparaît mais le télomère, une partie intégrante de cette dernière situé à son extrémité ne se réplique pas. Il atteint une taille limite à un moment donné et empêche la cellule de se diviser à nouveau ce qui provoque notre vieillissement.

Malgré cela, des travaux plus approfondis et réalisés par des chercheuses et biologistes américaines (Blackburn, Greider et Epel) ont montré que l’activité physique, une bonne alimentation et des capacités de gestion de stress stimulaient la télomérase, une enzyme spécifique capable de ralentir le raccourcissement des télomères. Leurs travaux montrent que les télomères peuvent même s’allonger et qu’ils sont plus longs chez des sportifs réguliers comparés à des individus plus sédentaires. Ceci explique donc l’effet « anti-âge » du sport et de l’hygiène de vie qui augmentent les capacités de réplication de nos cellules.

Conclusion :

Dans cet article, j’ai voulu mettre en avant deux aspects très importants et complémentaires de l’hygiène de vie, de la productivité et du développement personnel, qui sont parfois négligés.

Mon but ici était surtout de montrer qu’une meilleure énergie et de meilleures performances physiques et mentales dépendent aussi grandement de la physiologie de nos cellules. Nous ne pouvons pas performer sur du long terme et d’autant plus lorsque nous avons des objectifs relativement ambitieux en nous concentrant uniquement sur nos capacités mentales tout en délaissant notre corps… Ce n’est pas suffisant car les deux sont liés et notre énergie baissera naturellement en vieillissant. Certaines personnalités à succès avaient de très bonne capacités intellectuelles au départ mais ont perdu en dynamisme en avançant dans l’âge. Ils ont dû faire appel à un moment donné à des coachs sportifs ou à des coachs en développement personnel et intellectuel.

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